Mot de la présidente de l'AJBL
Me Alexandra Gravelle

Chers membres,
Alors que l'automne est amorcé, voici ce qui a occupé votre association au cours des derniers mois.
Cocktail estival - Le 6 août dernier avait lieu le cocktail estival de l'AJBL, lequel a été réalisé en collaboration avec le Jeune Barreau Laurentides-Lanaudière. Ce fut l'occasion d'échanger avec nos collègues de notre section voisine et de se retrouver pour profiter de la période estivale.
Merci à toutes les personnes qui étaient présentes et qui ont fait de l'évènement un succès !
Sommet québécois pour l'état de droit - Les 8 et 9 septembre derniers, nous avons participé au tout premier Sommet québécois pour l'état de droit, organisé par le Barreau du Québec.
Ce sommet a permis de rassembler plusieurs centaines de personnes, dont des acteurs importants du système juridique, économique et politique, afin de réaffirmer l'importance de la protection de notre état de droit et d'échanger sur les risques et les atteintes à la démocratie.
En tant que professionnels du droit, l'état de droit revêt une importance et une place particulière dans notre vie professionnelle. À titre de jeunes avocats, nous devons prendre la place qui nous revient parce que les décisions prises aujourd’hui auront assurément un impact sur notre profession demain. Or, ça ne s'arrête pas là : en tant que citoyens, ces décisions ont également un impact sur notre vie quotidienne. C'est pour cette raison que nous continuerons d'être présents à ces activités et de participer activement à toute initiative qui nous touche de près ou de loin.
Nous vous invitons d'ailleurs à lire et signer la déclaration qui a été adoptée au terme de ce sommet : Déclaration.
En vue des élections provinciales du 5 octobre prochain, votre vote constitue d'ailleurs un moyen concret de continuer de défendre l'état de droit et faire vivre la démocratie.
Rentrées judiciaires - Du 9 au 17 septembre dernier, nous avons parcouru les régions avoisinantes pour participer à plusieurs rentrées judiciaires. Celles-ci constituent des rencontres annuelles importantes, qui visent à réunir l'ensemble des membres de la communauté juridique (avocats, membres de la magistrature, personnel judiciaire, organismes juridiques, etc.), avec qui nous pouvons échanger dans un contexte informel.
Nous avons participé aux rentrées judiciaires de Montréal, Laval, Longueuil, Laurentides et Lanaudière, et ainsi renforcé nos liens avec nos collègues des autres régions. Ces moments sont riches en échanges, lesquels nous permettent de comparer nos réalités et trouver ensemble des solutions adaptées aux besoins de nos membres.
Force est de constater que le bien-être psychologique et la santé mentale sont des sujets qui revêtent une importance particulière pour les jeunes barreaux partout dans la province, surtout à la lumière du Rapport sur la situation de l’emploi des jeunes avocats publié l'an dernier.
L'AJBL continuera d'ailleurs de travailler en étroite collaboration avec l'Association des Jeunes Barreaux de Région (AJBR), les jeunes barreaux de toutes les sections, le Barreau de Laval, le Barreau du Québec en vue de trouver des solutions concrètes pour venir en aide à ses membres.
Sur cette note, je me permets de reprendre le passage suivant de mon allocution prononcée à la rentrée judiciaire du Barreau de Laval :
« À une époque où la polémique fait vendre et où la nuance se fait souvent rare; où les échanges sont facilités par les moyens technologiques à notre disposition, qui peuvent pourtant devenir eux-mêmes des vecteurs d’isolement; et où la perfection semble être devenue le standard minimal à atteindre, il m’apparaît essentiel que nous prenions un moment pour nous rappeler que la réalité elle-même ne l'est pas.
Le Jeune Barreau de Montréal a rendu public l’an dernier son rapport sur la situation de l’emploi des jeunes avocats de la province, réalisé avec l’Université de Sherbrooke et en collaboration avec les jeunes avocates et avocats de partout au Québec. Comme en a fait état Me Jeanne Gagné, présidente du Jeune Barreau de Montréal, lors de l’allocution inspirante et poignante qu’elle a livrée à la rentrée judiciaire de Montréal la semaine dernière, les statistiques parlent d’elles-mêmes. Au risque d’être répétitive, je ne vous en citerai que deux :
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63% des jeunes avocats vivent de la détresse psychologique;
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54% des jeunes avocats estiment que la plupart des membres de leur profession considèrent les problèmes de santé mentale comme un signe de faiblesse.
Il est attendu des jeunes qui vivent de la détresse qu’ils en parlent. Or, pour ce faire, encore faut-il qu’ils en aient l’espace.
En mars dernier, dans le cadre du 20e anniversaire de l’Association, nous avons offert une formation animée par Me Mélanie Zawahiri, qui nous a généreusement fait part des embûches rencontrées au cours de son parcours et qui ont contribué à faire d’elle l’avocate et la femme qu’elle est aujourd’hui. Cette formation a donné lieu à un échange ouvert, bienveillant et profondément humain, où le partage fut formateur et porteur d’espoir.
J’ai été frappée de constater, au fil de cet échange, à quel point nos parcours et nos perceptions peuvent se rejoindre, parfois bien au-delà de ce que les apparences laissent présager. J’ai également été profondément touchée de constater qu’il suffit parfois de créer le bon espace pour que chacun puisse s’ouvrir, échanger avec authenticité et, ensemble, avancer vers des solutions. Cet exercice me rend optimiste pour la suite.
Je suis convaincue que l’ensemble des avocates et avocats s’engagent dans cette profession, animés par le désir d’être des acteurs de changement et d’avoir un impact positif sur leur société et auprès des personnes qu’ils représentent.
Chaque jour, nous aidons un parent à préserver sa relation avec ses enfants, nous défendons une famille menacée d’une éviction de mauvaise foi, nous protégeons un aîné vulnérable contre les abus, nous accompagnons une personne en deuil dans une succession difficile, nous soutenons un travailleur injustement congédié, nous aidons un entrepreneur à protéger ce qu’il a mis des années à bâtir. Derrière chaque dossier, il y a une personne, une famille, une entreprise, un projet de vie.
En choisissant la profession d’avocat, nous faisons le choix de servir la justice et de défendre les droits d’autrui, mettant parfois de côté l’individu qui se cache sous la toge. Et bien que j’aie choisi l’image de la toge pour illustrer mes propos, mes réflexions s’adressent bien entendu à l’ensemble des avocats, qu’ils exercent ou non en litige.
À une époque où l’intelligence artificielle transforme profondément nos façons de travailler, le Barreau du Québec nous rappelle que l’humain reste au cœur de notre profession. Et justement, c’est ce que nous sommes : humains.
Au cours de la prochaine année, nous poursuivrons les projets déjà entamés. Nous continuerons de :
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Servir gratuitement la population à la Cour municipale de Laval et à la Cour du Québec, chambre criminelle et pénale, en offrant aux citoyens un premier contact avec un avocat bénévole.
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Permettre aux jeunes avocates et avocats de Laval de se réunir et de briser l’isolement dans le cadre de nos cocktails saisonniers.
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Offrir une activité de formation avec la magistrature, qui permet à la relève d’échanger avec des juges qui donnent généreusement de leur temps et de leurs conseils, dans un contexte informel.
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Souligner, par la remise du prix Exemplum Iustitiae, l’excellence et le parcours d’un membre de l’AJBL.
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Tisser des liens étroits avec de jeunes avocates et avocats de partout dans la province et d'échanger sur nos réalités respectives.
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Nous impliquer bénévolement dans l’organisation d’activités et de projets du Barreau de Laval et du Barreau du Québec.
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Et j’en passe.
À vous, jeunes avocates et avocats de Laval, je suis consciente qu’à elle seule, l’AJBL ne peut régler toutes les difficultés auxquelles vous êtes confrontés. Toutefois, nous serons là pour créer des conditions afin que vous n’ayez pas à les traverser seuls.
Si les associations de jeunes barreaux sont aujourd’hui fortes, présentes et écoutées, c’est parce qu’on a eu la conviction que les jeunes méritaient leur place. Je nous invite à la prendre, cette place. Parce que les décisions prises aujourd’hui auront assurément un impact sur notre profession demain. N'hésitez pas à venir à notre rencontre, à nous partager vos idées et à nous dire comment votre Association peut davantage vous ressembler, mieux répondre à vos réalités et être réellement utile pour vous.
Si j’ai choisi cette profession, c’est parce que j’étais convaincue qu’elle me permettrait de faire une réelle différence dans la vie des gens. Si je continue de la choisir, jour après jour, c’est non seulement parce que j’y crois toujours, mais également parce que j’ai eu le privilège d’avoir sur mon parcours des mentors compétents et bienveillants, qui ont cru et qui continuent de croire en moi.
À vous, avocates et avocats d’expérience, n’hésitez pas à tendre la main à la relève. Votre présence, vos conseils et votre bienveillance peuvent avoir une portée bien plus grande que vous ne l’imaginez. Parfois, une écoute sincère, un « comment puis-je t’aider? » ou simplement un accueil chaleureux suffisent à faire une réelle différence. Et qui sait, peut-être serez-vous, pour quelqu’un, ce mentor qui l’aidera à grandir, à prendre confiance et à trouver pleinement sa place dans la profession.
Ensemble, continuons de bâtir pour demain. Osons transformer nos pratiques, faisons une place pleine et entière à la relève et veillons, collectivement, à préserver ce qui donne tout son sens à notre profession : les individus qui la composent. »
C'est donc ainsi que je vous souhaite, en mon nom personnel et au nom de l'Association, chers membres, un automne doux et bon.
